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par Nissan Mindel
Ceci arriva le premier jour de Souccoth. Pour tous les fidèles réunis dans la synagogue du Rabbi Elimelekh de Lizensk, il y avait dans l'air une atmosphère de fête.
Tous les yeux se tournèrent vers Rabbi Elimelekh lorsque, se tenant à l' Amoud , il commença à réciter le Hallel . Ce jour de Souccoth, il y avait quelque chose d'inhabituel dans son comportement. Pourquoi s'arrêtait-il pendant qu'il agitait l'Etrog et le Loulav comme s'il était essoufflé?
Pourquoi n'exécutait-il pas l'office comme d'habitude? Il était évident qu'il était préoccupé par quelque chose, à en juger par l'expression radieuse de son visage.
Dès que les prières furent terminées, Rabbi Elimelekh se précipita à l'endroit où se trouvait son frère Rabbi Zoussia (qui était venu pour passer la fête avec lui) et lui dit: "Viens m'aider à trouver l'Etrog qui parfume toute la synagogue de son parfum de Jardin d'Eden."
Ils allaient d'un fidèle à l'autre jusqu'à ce qu'ils arrivèrent dans un petit coin tranquille de la synagogue où ils trouvèrent un homme absorbé dans ses réflexions.
"Voilà l'Etrog", s'écria Rabbi Elimelekh transporté de joie. "O, mon ami, dis-moi qui tu es et d'où provient ce merveilleux Etrog."
L'homme, plutôt surpris et confus par cette question inattendue, répondit lentement et d'Une voix mesurée:
"C'est toute une histoire, cher Rabbin. Voudriez-vous vous asseoir et l'entendre en entier?"
"Mais oui, certainement, s'empressa de répondre le Rabbin. C'est certainement une histoire qui vaut la peine d'être racontée."
"Mon nom, c'est ainsi que l'homme au regard calme commença son histoire, mon nom est Ouri et je viens de Strelisk. J'ai toujours considéré " Etrog-Bentchen " (La bénédiction sur l'Etrog) comme ma Mitsva préférée et bien que je sois pauvre et ne puisse normalement pas me payer un Etrog, ma jeune femme qui est d'accord avec moi sur ce point, s'est engagée comme cuisinière pour m'aider à acquérir l'Etrog. Au point de vue matériel, elle ne dépend pas de moi de sorte que je peux dépenser ce que je gagne pour des choses spirituelles et religieuses. Je travaille comme Melamed (maître d'école) dans la ville de Yanov non loin de ma ville natale. J'emploie la moitié de mon salaire pour nos besoins matériels, et j'économise le reste pour m'acheter un Etrog à Lemberg. Afin de ne pas dépenser de l'argent pour le voyage, je fais le chemin à pied.
"Cette année, pendant les Dix Jours de Pénitence, je me suis mis en route pour Lemberg à pied comme d'habitude, avec 50 gulden en poche, afin d'acheter un Etrog. En chemin, je passai par une forêt et je m'arrêtai dans une auberge bordant la route pour me reposer. C'était l'heure de Min'hah et je me mis dans un coin pour dire mes prières...
"Au milieu du Chmoneh Esreh , j'entends des gémissements et des soupirs. On aurait dit une personne qui souffrait terriblement. Je m'empressai de finir la prière pour voir ce qui se passait et pour porter assistance. En me tournant, je vis un homme aux traits durs et au regard bizarre, qui était évidemment en détresse. Il était vêtu en paysan et, le fouet à la main, il racontait à l'aubergiste ses soucis et ses difficultés. J'arrivais à démêler de ses phrases confuses, coupées par des sanglots, que l'homme au fouet était un pauvre juif qui gagnait sa vie comme cocher. Il avait une femme et plusieurs enfants et arrivait à peine à joindre les deux bouts. Mais quel malheur! Son cheval qui lui était indispensable, s'était écroulé dans le bois, non loin de l'auberge, et il ne pouvait pas le faire lever.
"Il m'était pénible de voir le désespoir de cet homme et j'ai essayé de lui faire comprendre qu'il existait un D.ieu là-haut qui pourrait l'aider, quelles que soient ses difficultés.
"Je te vendrai un cheval pour 50 gulden, bien que sa valeur soit au moins de 80 gulden. Je le fais seulement pour t'aider", dit l'aubergiste au cocher.
"Je n'ai même pas 50 sous et il me propose un cheval pour 50 gulden", dit l'homme d'un ton amer.
"Je me suis dit que je ne pouvais pas garder mon argent pour acheter un Etrog devant une situation si désespérée qui menaçait la vie de cet homme et de toute sa famille. Je m'adressai donc au patron de l'auberge et lui demandait le dernier prix auquel il pouvait vendre le cheval.
L'aubergiste se tourna vers moi tout étonné et me dit: "Si vous pouvez payer comptant 45 gulden, je vous vendrai le cheval à ce prix, mais pas un sou de moins. Je le vends avec perte."
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